Rwanda : La guerre contre les boissons traditionnelles – Une nouvelle démonstration de l’arbitraire du régime FPR.

 

Les FDU-Inkingi condamnent avec la plus grande fermeté la campagne actuellement menée par les autorités rwandaises contre les boissons traditionnelles fabriquées artisanalement, campagne qui se traduit par leur destruction, l’intimidation des citoyens et la répression de milliers de familles qui en vivent.

Sous couvert de protection de la santé publique, le pouvoir impose une mesure dont personne ne connaît précisément le fondement juridique. Aucune directive officielle, écrite et accessible à la population n’a été publiée. Aucun texte ne précise quelles boissons sont concernées, selon quels critères elles sont déclarées impropres à la consommation, ni quelles procédures doivent être respectées avant leur saisie ou leur destruction.

Cette absence de règles claires laisse le champ libre à l’arbitraire. Chaque autorité locale semble interpréter les consignes à sa manière, avec pour seule constante la destruction des boissons et la peur imposée aux citoyens. Dans un État respectueux du droit, une telle confusion serait inacceptable.

Les FDU-Inkingi dénoncent également l’absence totale de normes de contrôle connues du public. Les producteurs artisanaux n’ont reçu aucune information leur permettant d’adapter leurs pratiques, d’améliorer leurs produits ou de faire contrôler leur qualité. Au lieu d’accompagner les citoyens, l’État a choisi la répression immédiate.

Cette décision est appliquée sans préavis, sans explication, sans période transitoire et sans concertation avec les populations concernées. Des familles découvrent du jour au lendemain que leur production est détruite, que leur activité est interrompue et que leur principale source de revenus est en voie de disparaître.

Plus grave encore, de nombreux témoignages font état du comportement zélé de certains responsables administratifs de base chargés de faire appliquer cette décision. Des descentes dans les villages, des destructions publiques, des humiliations et des intimidations auraient accompagné ces opérations. Une telle brutalité administrative traduit une culture du pouvoir fondée davantage sur la peur que sur le service aux citoyens.

Les boissons traditionnelles ne constituent pas seulement une activité économique. Elles font partie du patrimoine culturel rwandais. Elles accompagnent les cérémonies familiales, les rencontres communautaires, les traditions rurales et le quotidien de nombreuses familles. En s’attaquant indistinctement à ces productions, le pouvoir porte atteinte à des pratiques culturelles qui existent depuis des générations.

Les conséquences économiques seront particulièrement lourdes. Des milliers de petits producteurs, commerçants, agriculteurs et familles perdront une source essentielle de leur consommation et de leurs revenus. Les matières premières utilisées dans cette production (bananes, sorgho, …) ne trouveront plus de débouchés. Dans un contexte où le coût de la vie ne cesse d’augmenter et où la pauvreté touche une grande partie de la population, cette politique ne fera qu’aggraver les difficultés économiques.

Les FDU-Inkingi rappellent que la protection de la santé publique ne peut jamais justifier l’arbitraire. Si certaines boissons présentent effectivement un danger, l’État a le devoir de définir des normes sanitaires transparentes, de mettre en place des mécanismes de contrôle objectifs et impartiaux, d’informer les producteurs et de les accompagner dans leur mise en conformité. Détruire avant d’expliquer, sanctionner avant d’encadrer et intimider au lieu d’éduquer constitue un aveu d’échec de l’action publique.

Le gouvernement devra assumer l’entière responsabilité des conséquences sociales, économiques et culturelles de cette politique. Il sera responsable des revenus perdus, des activités détruites, de l’appauvrissement de nombreuses familles et de la disparition progressive d’une partie du patrimoine vivant de notre pays.

Les FDU-Inkingi demandent au gouvernement rwandais la suspension immédiate de cette campagne de destruction, la publication des textes réglementaires qui la fondent, l’élaboration de normes sanitaires claires et objectives, ainsi que l’ouverture d’un dialogue avec les producteurs, les consommateurs, les spécialistes de la santé publique et la société civile.

Le Rwanda ne peut être gouverné par des consignes verbales, l’arbitraire administratif et la peur. Un État responsable gouverne par le droit, la transparence et le respect de ses citoyens.

 

Fait le 28 juillet 2026

Pour le parti FDU-Inkingi

Joseph MUSHYANDI

Secrétaire Général

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