BILAN POLITIQUE DES FDU-INKINGI POUR L’ANNEE 2011

L’année 2011 a été riche en événements et rebondissements politiques dans lesquels notre parti a été impliqué quand il n’en était pas l’initiateur. Ainsi, en dépit de la nature totalitaire du régime contre lequel nous luttons, nous avons montré au monde entier que l’opposition incarnée par les FDU-Inkingi et ses partenaires est la mieux à même de constituer une voie alternative à la dictature conduite par le FPR, laquelle s’est révélée incapable 17 ans durant, de réconcilier les Rwandais, de leur rendre justice et de les associer au développement économique et social du pays et à la gestion de la chose publique.
Au cours de l’année 2011 les FDU-Inkingi ont intensifié leurs activités dans différents domaines, tant au niveau national qu’international. La Présidente du parti, Madame Victoire INGABIRE UMUHOZA, partie mener son combat pour la démocratie sur le terrain vient  de passer deux ans au Rwanda dont près d’une année et demie en prison. L’année 2011 a été jalonnée de très rudes épreuves pour elle, parmi lesquelles l’ouverture de son procès, un procès qui est tout sauf équitable. C’est dans ces conditions difficiles que  les organes du parti se sont attelés à la tâche, poursuivant leur mission de chercher les voies et moyens idoines à promouvoir un renouveau politique démocratique au Rwanda, à analyser et à se positionner sur les problèmes les plus cruciaux auxquels la population rwandaise est confrontée au quotidien.

Ainsi, les FDU-Inkingi ont-elles démontré la nature totalitaire du régime du FPR en se portant avocat de la population rwandaise contre les exactions des autorités et de l’administration, en montrant la nature politique du procès intenté à la leur Présidente Mme Victoire Ingabire Umuhoza, en défendant les réfugiés contre le rapatriement forcé et en faisant le plaidoyer contre l’extradition vers le Rwanda de personnes poursuivies par le régime. Les FDU-Inkingi ont, en outre, fait des propositions concrètes sur deux enjeux politiques majeurs que sont l’éducation et l’agriculture. Elles ont développé un partenariat stratégique avec le Rwandan National Congress – RNC-, en même temps qu’elles ont lancé des initiatives avec les autres partis politiques et les organisations de la société civile. Enfin, elles ont renforcé la présence sur le terrain au Rwanda et ont multiplié les contacts avec la base dans différents pays du monde.

  1. I.        NATURE TOTALITAIRE DU REGIME DU FPR

Supprimer toute résistance, ériger la terreur en mode de gouvernement est la caractéristique majeure du régime rwandais. Sans cela, le régime ne peut pas fonctionner, car tout l’édifice s’écroulerait. Le FPR, parti-Etat, en même temps Etat-Garnison, aux commandes depuis juillet 1994, a su pendant des années surfer sur la vague émotionnelle compréhensible suscitée par le génocide, ce qui lui a permis de tromper l’opinion publique internationale sur la nature réelle du pouvoir et d’ériger un régime dictatorial et liberticide où la capacité de résistance psychologique de la population est écrasée. L’arrivée des FDU-Inkingi au Rwanda sous la conduite de leur présidente, Mme Victoire Ingabire Umuhoza le 16 janvier 2010, a contribué à mettre à nu cette réalité du pouvoir où la population, en vue de survivre, est obligée, comme dans les anciennes dictatures communistes, de s’adapter et de marcher derrière le régime.
Lorsque Mme Ingabire est arrivée au Rwanda, elle a annoncé en effet, tout de suite la couleur : être une opposante non inféodée au FPR en annonçant notamment ne pas vouloir entrer dans le « forum des partis », une institution godillot et de faire valoir du régime. Ainsi, a-t-elle demandé l’enregistrement de son parti. Et le régime, acculé, ne put s’empêcher de se montrer sous sa vraie nature. Le Président de la République a annoncé lui-même que l’espace politique était pleine et qu’il n’y en avait plus pour l’opposition ! Alors que les autorités administratives refusaient la tenue du Congrès Constitutif des FDU-Inkingi, les autorités judiciaires, aux ordres de l’Exécutif, fabriquaient de toutes pièces des accusations contre la Présidente des FDU-Inkingi en vue de l’empêcher de faire enregistrer son parti et de barrer la route à sa candidature à la Magistrature suprême.
Alors que les FDU-Inkingi venaient de réussir à former avec le PS-Imberakuri et le Democratic Green Party of Rwanda, un Conseil Consultatif Permanent, les autorités, soucieuses de monopoliser le pouvoir, se livrèrent à des manœuvres de sabotage pour l’empêcher de fonctionner. Ainsi, ils refusèrent l’enregistrement du Green Party, infiltrèrent le PS-Imberakuri et tentèrent de mettre à sa tête des membres du FPR.
Non content de l’échec de leur stratégie, le régime est passé à la vitesse supérieure. Alors que le corps du vice-président du Green Party, M. André Kagwa Rwisereka, est découvert inanimé, la tête tranchée, le régime a refusé d’ordonner la moindre autopsie, encore moins une enquête indépendante sur son assassinat. De même, aucune élucidation de la mort du journaliste Jean-Léonard Rugambage ne fut ordonnée. Le journaliste Charles Ingabire a été ensuite assassiné à Kampala en Ouganda dans des circonstances similaires aux assassinats de l’homme politique et du journaliste ci-haut cités.
Le pouvoir a aussi mis aux arrêts le Président-fondateur du PS-Imberakuri, Maître Bernard Ntaganda et le ballet des emprisonnements de tous les leaders de l’opposition au Rwanda s’est poursuivi par celui de M. Déogratias Mushayidi, Président du PDP-Imanzi, enfin, celui de Mme Victoire Ingabire Umuhoza ainsi que d’autres membres de l’opposition, complétant la longue liste constituée entre autres par le Dr Théoneste Niyitegeka, candidat malheureux aux élections présidentielles de 2003, par M. Charles Ntakirutinka, accusé d’avoir voulu fondé un parti d’opposition avec l’ex-Président Pasteur Bizimungu. Des journalistes critiques, à savoir Mesdames Saidati Mukakibibi et Uwimana Nkusi Agnès furent emprisonnés. Des officiers supérieurs connurent aussi le lot de malheurs des opposants politiques, certains furent emprisonnés comme le colonel Rugigana alors que d’autres prirent le chemin de l’exil : le colonel Patrick Karegeya et le lieutenant-général Kayumba Nyamwasa, pour ne pas les nommer. Ce dernier fut même l’objet de tentative d’assassinat à deux reprises en Afrique du Sud.
Le harcèlement des opposants et des journalistes critiques s’est prolongé par celui des organisations humanitaires qui ont subi des décisions de déguerpissement suite au refus de prolongation de leur permis de séjour, par exemple, Mme Carina Tertsakian de Human Rights Watch, ou ont été carrément et simplement interdites, en l’occurrence la LIPRODHOR.
Le moment phare de la mise à nu de la nature dictatoriale reste sans doute la venue au Rwanda, en novembre 2011, de l’ambassadrice des USA aux Nations Unies, Mme Susan Rice lorsque cette dernière a déclaré que le Rwanda brillait par son manque d’ouverture politique et par sa répression des journalistes critiques et des personnalités politiques de l’opposition. En réponse à son discours, le Président Kagame a déclaré que le Rwanda n’avait de leçon à recevoir de personne.
 

  1. II.      DENONCIATION DU TOTALITARISME AU TRAVERS LES MANIFESTATIONS ET LES MEDIAS

La nature dictatoriale du régime a été dénoncée par les membres des FDU-Inkingi, à travers les manifestations qu’ils ont organisées en collaboration avec d’autres organisations politiques et de la société civile. Ces manifestations de protestation ont été surtout organisées lors des déplacements officiels en Occident du Président Paul Kagame, accompagné par des imposantes délégations payées par le contribuable rwandais. Le message véhiculé contre le régime semble avoir été écouté dans les pays démocratiques où il s’est rendu, puisqu’il a été répercuté par voie de presse et diplomatique. Les graves violations des droits de l’homme, les emprisonnements arbitraires et les parodies de justice que subissent les leaders d’opinion, le harcèlement de tout genre des réfugiés rwandais dans leurs pays d’accueil, les tortures, la spoliation des biens des citoyens…, ont été dénoncés par les manifestations de nos membres et par nos interventions dans les médias. L’image que le monde entier se faisait du dictateur rwandais il y a peu, s’est retrouvée fort écornée.
Désormais ils sont loin les fastes, l’honorabilité et la somptuosité d’antan qui caractérisaient les visites de celui qui se dit, depuis 1994, être le sauveur du Rwanda. Aussi, vu l’impact considérable que ces protestations ont sur l’opinion tant nationale qu’internationale, les partis politiques FDU-Inkingi et le RNC ont intensifié leur collaboration, ont organisé ensemble des manifestations aux Etats-Unis, en Australie, en Afrique du Sud, en Belgique et en France, sans oublier d’autres formes de démonstrations pacifiques comme le SIT-IN hebdomadaire devant l’ambassade du Rwanda à Bruxelles. Toujours dans le même cadre de dénonciation, les FDU-Inkingi et leurs partenaires ont intensifié l’offensive médiatique dans les journaux, les radios mais aussi à travers les blogs et les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter.

  1. III.    DÉFENSE DES POPULATIONS RWANDAISES CONTRE LES EXACTIONS DES AUTORITÉS ET DE L’ADMINISTRATION

Les FDU-Inkingi sont un parti politique qui s’intéresse avant tout à l’ensemble de la population rwandaise et à ses problèmes. Au cours de l’année 2011 et bien avant, nous avons, en particulier, ciblé dans nos interventions des mesures fortes prises par le régime de Kigali à l’encontre des populations rurales. Ainsi, nous avons dénoncé la destruction des cultures vivrières variées des paysans pour leur imposer la monoculture, la destruction des maisons en « paille » des pauvres, les procès Gacaca, l’interdiction faite aux cyclistes et aux piétons dépourvus de chaussures de se rendre en ville, les salaires insignifiants des enseignants, les taxes illégales ou injustifiées, les disparitions inexpliquées et emprisonnements arbitraires, les tueries des populations, les arnaques au tour du projet « GIRINKA », etc [[1]]. Les prix des produits de première nécessité sont relevés régulièrement et portés à la connaissance du public. Nous avons montré que l’accès aux soins de santé restait une illusion pour bon nombre de nos compatriotes, en même temps que les problèmes d’accès à l’école se révélaient discriminatoires.

  1. IV.  NATURE POLITIQUE DU PROCÈS INTENTÉ CONTRE LA PRÉSIDENTE DES FDU-INKINGI

Depuis son retour au Pays, le 16 janvier 2010, la Présidente des FDU-Inkingi, Mme Victoire Ingabire Umuhoza, a fait face à une campagne de diabolisation sans précédent. Ses persécuteurs comprenant les officiels du gouvernement, les fonctionnaires de l’Etat et des services de police ou de sécurité, les médias étatiques ou proches du régime,…ne lésinèrent sur aucun moyen pour la décourager dans son entreprise politique. Mais c’était sans compte sur son moral d’acier et sur sa détermination. Constatant leur incapacité à briser son moral, ils changèrent de stratégie et décidèrent de recourir à l’instrumentation de la justice pour régler le différend politique. Nous avons montré dans notre dossier sur la nature politique du procès différents points qui montrent que ce procès n’était qu’un outil destiné à écarter un adversaire politique [[2]].

  1. V.    DÉFENSE DES RÉFUGIÉS RWANDAIS CONTRE LA PERTE DE LEUR STATUT ET LES RAPATRIEMENTS FORCÉS

La concentration d’efforts par le gouvernement de Kigali dans le rapatriement des réfugiés rwandais à n’importe quel prix aura marqué l’année qui vient de s’écouler. C’est dans ce cadre  que le Général Gatsinzi Marcel, Ministre des catastrophes naturelles et du rapatriement des réfugiés, a effectué plusieurs visites dans les pays d’accueil où les Rwandais ont trouvé refuge. Sa mission était de discuter avec les autorités locales des modalités de rapatriement de ces réfugiés. D’un côté, il invitait insidieusement ces derniers à se rendre au Rwanda dans le cadre des programmes « Ngwino Urebe » et de la Diaspora; de l’autre, il scellait un accord avec le HCR pour la cessation du statut de réfugié pour les rwandais.
Nous avons montré que cette décision résultait plus d’un arrangement politique que d’une vraie évaluation de la situation politique et sécuritaire au Rwanda. En effet, la décision du HCR ne pouvait que surprendre. Elle est tombée au moment où les Rwandais continuaient de fuir le Rwanda, et ce y compris, les officiers supérieurs, à cause des exactions des autorités, de la fermeture de l’espace politique et de la privation de la liberté d’expression. Elle est arrivée au moment où les emprisonnements arbitraires des opposants politiques et des journalistes connaissaient un rythme sans précédent. Elle est survenue en outre, au moment où des assassinats et des tentatives d’assassinat des réfugiés rwandais dans leurs pays d’accueil se multipliaient.
L’accord a été annoncé au moment où des organisations de défense des droits de l’homme étaient menacées de façon explicite, certaines ayant même été suspendues, comme la LIPRODHOR. Plus étonnant, l’accord sur la cessation du statut de réfugié était négocié au moment où les Nations Unies sortaient le rapport Mapping d’octobre 2010, sur les graves violations des Droits de l’Homme dont des crimes contre l’humanité, voire de possible génocide sur les réfugiés Hutu en République Démocratique du Congo.
Pour contrer ce plan diabolique du gouvernement rwandais, les FDU-Inkingi, en collaboration avec les autres associations rwandaises et les réfugiés éparpillés à travers le monde entier, ont fait un travail de lobbying auprès des chancelleries tant africaines qu’occidentales. Elles ont adressé des mémorandums et des lettres aux pays membres du Comité Exécutif du HCR, au Conseil Economique et Social des Nations Unies, au Haut Commissariat aux Réfugiés [[3]] et aux autorités des pays abritant les réfugiés pour exiger la levée de la clause de cessation. Leurs délégations ont été reçues en audience en décembre 2011 par le HCR à Genève et les autorités des pays ayant accueilli des réfugiés rwandais. Ils ont aussi organisé des rencontres de mobilisation et de sensibilisation pour exprimer leur indignation et leurs inquiétudes de voir les autorités du HCR avaliser la décision de priver les Rwandais de protection, au moment où il n’est un secret pour personne que ce pouvoir persécute, harcèle, terrorise et torture ses citoyens, lesquels, il est censé protéger.
Les FDU-Inkingi se sont en outre opposées à des extraditions des réfugiés rwandais accusés par le régime du FPR ou par le TPIR de participation au génocide. Sans nous prononcer sur les accusations qui pèsent sur les accusés, les FDU-Inkingi s’opposent par principe à tout transfert d’un réfugié rwandais à la justice rwandaise, parce que celle-ci n’est pas indépendante et parce que les plus hautes autorités de l’Etat sont accusés de graves crimes de guerre, contre l’humanité, voire de possible génocide en République Démocratique du Congo. Nous avons demandé aux pays démocratiques qui hébergent les réfugiés rwandais de mener leurs propres investigations et juger, le cas échéant, les personnes concernées.
 

  1. VI.  DES PROPOSITIONS CONCRÈTES SUR DES ENJEUX MAJEURS : L’ÉDUCATION ET L’AGRICULTURE

A. L’éducation
Dans son mémorandum du 19 mai 2011 intitulé –  « Rwanda : Fiasco d’un enseignement au bord d’un effondrement » [[4]], les FDU-Inkingi ont déploré la qualité de l’enseignement dispensé au Rwanda, caractérisé par la baisse généralisée de son niveau qui est dû entre autres :
1. à la formation inappropriée des enseignants, la majorité de ceux-ci ne possédant pas de titres requis et ne maîtrisant pas la langue d’enseignement (français, puis anglais). Ce très faible rendement est aussi la conséquence des conditions de vie déplorables des enseignants : manque de considération sociale, salaire de misère, situation chaotique dans les établissements scolaires ;
2. au remplacement brutal du français par l’anglais, choisi pour être la seule et unique langue d’enseignement alors que cette langue n’est nullement maîtrisée par le corps professoral ;
3. aux conditions d’études lamentables dues au coût très élevé de ces dernières, à la cherté de la vie, à la pauvreté de la très grande majorité des parents, à la suppression des bourses d’études et des internats scolaires, aux infrastructures inappropriées sinon inexistantes tels que la bibliothèques ou des outils informatiques.
Considérant que la scolarisation est  l’instrument d’émancipation et de justice sociale, que l’éducation et la formation professionnelle doivent être prises à juste titre comme des outils de réduction des inégalités sociales et du renforcement de l’égalité des chances, les FDU-Inkingi restent convaincues que:
– l’éducation de base est un droit fondamental de tout rwandais; ainsi, le gouvernement doit veiller à ce que les moins favorisés n’en soient pas exclus ;
– la formation professionnelle généralisée constitue une priorité nationale ;
– le programme scolaire doit être adapté pour inclure le cours d’éducations à la citoyenneté qui comprendra les grands moments de notre histoire, les cours philosophiques, l’enseignement de diverses langues favorisant l’ouverture vers l’extérieur ;
– la formation adéquate, accélérée et continue du personnel enseignant est une nécessité absolue ;
– la décentralisation de l’enseignement, l’engagement et la participation des parents dans l’éducation de leurs enfants constituent une priorité ;
– la revalorisation du métier d’enseignant tant sur le plan social, matériel et salarial doit être le moteur en vue d’atteindre la qualité appréciable de l’enseignement ;
– la planification de l’enseignement évitera la dispersion des efforts tant sur le plan quantitatif, qualitatif que financier.
B. L’agriculture
Dans sa publication intitulée  « Pour un développement agricole et rural durable » [[5]], les FDU-Inkingi ont dénoncé la politique sournoise du régime actuelle pour affamer la population en vue de la rendre plus dépendante et corvéable.
En effet, le développement tant vanté par le pouvoir en place au Rwanda ne bénéficie qu’à une infime minorité urbaine vivant dans la capitale Kigali, et elle n’est que de façade.  Cette ville présentée par le régime comme la vitrine du dynamisme économique du pays cache, en fin de compte, une profonde misère du monde rural et périurbain. Le Parti politique FDU-Inkingi a affermi ses approches et stratégies de développement économique pour :
– construire un Etat de droit  inspiré d’une démocratie pluraliste et d’une justice équitable, caractérisée par l’égalité des chances dans tous les domaines et d’une équité sociale ;
– créer un environnement propice au développement durable du pays qui doit déboucher sur le bien être social du tout le peuple rwandais.
Devant une politique agricole irresponsable qui va jusqu’à arracher, couper ou raser des cultures vivrières de sécurité alimentaire, dans un pays où des ruraux souffrent de malnutrition, les FDU-Inkingi proposent une alternative de développement participative qui tienne compte des besoins réels de la population, tout en mettant l’accent sur la transformation et la modernisation progressive de ce secteur.
Les FDU-Inkingi ne peuvent accepter que la modernisation de l’agriculture ne s’appuie que sur une monoculture, notamment du maïs, dont la filière de commercialisation et de transformation sont canalisées de manière à profiter à une infime partie – la bourgeoisie bureaucratique, sectaire et affairiste, laissant vivre la majorité de la population un tragique cauchemar de misère à laquelle elle ne survivra pas.
Les FDU-Inkingi veulent œuvrer pour une économie basée sur la liberté d’entreprise, conciliant avec les droits sociaux liés au travail, la responsabilité sociale de l’entreprise et le développement durable. Notre Parti s’inscrit dans une politique de  souveraineté alimentaire, garantissant le droit et le devoir de la paysannerie et de l’Etat à nourrir sa population, à se protéger contre des importations agricoles à très bas prix et donc à conduire une politique agricole qui :
–       donne la priorité à une production locale durable,
–       garantit des prix agricoles couvrant les coûts de production,
–       facilite l’accès des paysans et des paysannes à la terre, à l’eau, aux semences et au crédit à long terme,
–       se bat contre l’accaparement des terres par une poignée de propriétaires absents : les fonctionnaires et entrepreneurs du dimanche, et des multinationaux de l’agro-carburant,
–       enfin, sauvegarde le patrimoine génétique, culturel et environnemental.
 

  1. VII.             COLLABORATION ENTRE LES FDU-INKINGI ET LE RNC

Fidèle à sa vision de garantir une paix durable dans un Etat de droit, le parti politique  FDU-Inkingi ne cesse de chercher les voies et les moyens pour s’acheminer vers un Dialogue Inter-Rwandais Hautement inclusif. C’est ce seul forum de discussion hautement participatif qui, une fois aux affaires de l’Etat, permettra aux Rwandais de se mettre d’accord sur un cadre constitutionnel et définir les structures étatiques aptes à garantir une bonne gouvernance rassurante et sécurisante pour tous les citoyens.
Les FDU-Inkingi  ont donc continué et continuent à se concerter avec les autres forces politiques ayant les mêmes objectifs pour réaliser la synergie nécessaire afin d’atteindre cet objectif final. En janvier 2011 les FDU-Inkingi ont fait un premier pas en signant un accord de partenariat stratégique avec le RNC à Montreux (Suisse). Cette plateforme est une réelle coalition pour le changement démocratique de nos deux organisations en vue de mener ensemble un travail de plaidoyer et de lobbying diplomatique, non seulement pour dénoncer la nature criminelle et dictatoriale du régime en place à Kigali, mais surtout pour présenter notre vision commune d’un futur hospitalier à tous les rwandais.
 
Lors de la visite aux USA de la délégation des FDU-Inkingi en septembre 2011, la délégation de la plate-forme FDU-RNC a eu l’occasion, d’informer les autorités exécutives et législatives des USA, et des autres organisations et intérêts privés de la crise de gouvernance au Rwanda, des limites du modèle de développement économique et social préconisé par le régime rwandais, mais surtout de leur projet politique.
 
La plate-forme FDU-RNC a salué l’effort commun qui a été couronné de succès notamment dans l’organisation des manifestations de Chicago, Pittsburgh, New York et Paris contre le président Paul Kagame. Les participants ont passé en revue les acquis réalisés qu’ils vont renforcer. Une réflexion stratégique a aussi porté sur l’affermissement et l’élargissement de la plate-forme pour le changement, sur le lancement d’une offensive diplomatique tout azimut, ainsi que sur l’extension et l’intensification du dialogue entre tous les Rwandais, les organisations politiques et la société civile. L’an 2012 s’inscrit dans l’élargissement de cette plateforme, mais aussi dans l’intensification des activités communes sur différents continents.
 

  1. RENFORCEMENT DE LA PRESENCE SUR LE TERRAIN ET LES CONTACTS AVEC LA BASE A L’EXTERIEUR DU PAYS

 
Malgré la pression et un climat d’hostilité, le Comité Exécutif Provisoire (CEP) du parti à poursuivi le travail qu’avait commencé la Présidente des FDU-Inkingi avant d’être incarcérée, en essayant d’implanter le parti à travers tout le pays. Ainsi, la plupart des structures de base et intermédiaires ont été mises en place dans tous le pays et seront directement fonctionnelles dès que les conditions politiques le permettront. Le CEP a suivi de près tous les problèmes de la population, qu’il s’agisse des prix des matières de première nécessité, qu’il s’agisse des disparitions des personnes, des persécutions de toutes sortes. La population est aussi venue vers le CEP pour lui exprimer ses problèmes. Ces derniers ont été directement portés à la connaissance du public, ce qui des fois, a fait reculer le pouvoir.
Durant l’année 2011, le Comité Exécutif Provisoire a fait différentes rencontres avec des diplomates de divers pays accrédités au Rwanda, comme ceux de l’Union Européenne en date du 14 novembre 2011.  Il a en outre rencontré une équipe de députés suédois de la commission chargée des affaires étrangères qui était en visite de travail au Rwanda en juillet 2011. Les échanges ont concerné la situation politique au Rwanda, la fermeture de l’espace politique, le procès politique intenté contre notre Présidente, Mme Victoire Ingabire Umuhoza, la justice en général ainsi que les inquiétudes liées à l’instabilité politique et au non respect des droits de la personne humaine au Rwanda.
A l’extérieur du pays, les meetings politiques ont été organisés pour mobiliser et sensibiliser nos membres, nos sympathisants et l’opinion publique nationale et internationale. Nous avons organisé ces rencontres en Belgique (Bruxelles, Charleroi, Namur, Gand, etc.), en France (Paris, Grenoble, etc.) aux Pays-Bas, en Allemagne, au Sénégal, etc.
Du 16 au 23 Septembre 2011, la délégation des FDU-Inkingi qui s’est rendue aux États-Unis pour un travail de lobbying et d’examen de l’accord de partenariat avec le RNC a organisé des réunions avec les membres des FDU aux Etats-Unis [[6]]. La délégation des FDU-Inkingi a tenu deux réunions avec les membres des FDU-Inkingi aux Etats Unis: Washington, DC et Dayton, OHIO.
 

  1. IX.  CONCLUSION

Bien que les FDU-Inkingi ont connu des problèmes sérieux liés notamment à l’emprisonnement de leur Présidente, nous avons montré au gouvernement rwandais, au peuple rwandais et à la communauté internationale que nous sommes une véritable opposition, capable d’acculer le régime dans ses retranchements et de proposer un projet politique viable pour tous. L’arrivée des FDU-Inkingi au Rwanda, il y a déjà 2 ans, a modifié l’échiquier politique rwandais et a poussé le régime à commettre des erreurs politiques et de communication, révélant ainsi la nature totalitaire qu’il avait réussi à cacher depuis plus d’une décennie. Le monde entier sait désormais que le régime rwandais est une dictature et que le développement tant vanté par les autorités rwandaises n’est qu’une farce, un trompe-l’œil destiné à tromper les Occidentaux qui s’arrêtent uniquement dans la Capitale Kigali sans pouvoir atteindre le monde profond sur les collines afin de constater la misère criante du monde rural et périurbain.
Dans deux ans de présence au Rwanda, les FDU-Inkingi ont pu mettre en place des structures jusqu’à des niveaux locaux, ont pu aller à la rencontre de la population pour écouter ses problèmes, ont pu répercuter ses problèmes dans les médias, ont alerté l’opinion nationale internationale sur les persécutions et les répressions subies par les opposants politiques réels ou supposés, les journalistes, les leaders d’opinions et les simples citoyens.
Au travers manifestations et sit-in, nous avons dénoncé l’injustice, la manque de libertés politiques et d’expression, les assassinats et tentatives d’assassinat orchestrés par les services secrets de l’Etat, les déportations et rapatriements forcés des réfugiés rwandais, etc. Nous avons en outre noué un partenariat stratégique avec le RNC. Ce partenariat est appelé à grandir de manière maîtrisée, à s’ouvrir aux autres partis politiques d’opposition. En effet, c’est la conjugaison de toutes les forces de bonne volonté qui libérera les rwandais du joug de la dictature du Président Kagame.
2012 sera encore l’année de l’action concertée pour l’instauration rapide d’une vraie démocratie, une justice équitable ainsi qu’une réelle réconciliation.
 
 

                                                     Fait à Kigali, le 27 janvier 2012

 

Pour les FDU-Inkingi

 

Twagirimana Boniface

 

Vice-président intérimaire

 
 


[1] Ihohoterwa ry’abaturage n’imisanzu idasobanutse ( http://www.fdu-rwanda.com/RW/kinyarwanda-ihohoterwa-ry%E2%80%99abaturage-n%E2%80%99imisanzu-idasobanutse#more-94 ) ; Itangazo ritabariza abaturage bahohoterwa (http://www.fdu-rwanda.com/RW/kinyarwanda-itangazo-ritabariza-abaturage-bahohoterwa#more-737 )
[2] L’illégitimité du procès Victoire Ingabire Umuhoza (http://www.fdu-rwanda.com/fr/l-illegitimite-du-proces-victoire-ingabire-umuhoza#more-229 )
.
[3] Lettre au Président du Conseil Economique et Social des Nations Unies ( http://www.fdu-rwanda.com/fr/english-open-letter-to-the-president-of-the-united-nations-economic-and-social-council )
[4] Rwanda : fiasco d’un enseignement au bord de l’effondrement (http://www.echosdafrique.com/20110607-rwanda-fiasco-dun-enseignement-au-bord-de-leffondrement )
 
 
[5] Pour un développement agricole rural durable
http://www.fdu-rwanda.com/fr/pour-un-developpemt-agricole-et-rural-durable )
 
[6] Statement by FDU_Inkingi and RNC after consultations in Washington ( http://www.fdu-rwanda.com/en/english-statement-by-the-fdu-inkingi-and-rwanda-national-congress-at-the-conclusion-of-a-week-long-consultation-in-washington-d-c#more-434 );  We don’t need to Destroy to Rebuild (http://africaglobalvillage.com/en/central-africa/rwanda/898-we-dont-need-to-destroy-to-rebuild.html )
 
 

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