RWANDA : LES FDU-INKINGI DENONCENT LES ENORMES IRREGULARITES DANS LES ELECTIONS LOCALES DU 08 FEVRIER 2016

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Après un simulacre de référendum sur le changement de la Constitution qui a laissé perplexe même les plus fervents défenseurs du régime de Kigali, le FPR vient de démontrer une fois de plus que la démocratie n’a pas de place au Rwanda.

A l’instar du fameux referendum ci-haut évoqué, les informations sur les élections locales du 8 février 2016 n’ont commencé à filtrer que 4 jours avant le scrutin, lorsqu’une partie des média locaux s’est demandée pourquoi la commission électorale restait muette au sujet du déroulement de ces élections. Jusque-là, la commission électorale n’avait communiqué que sur le report des élections, annoncé le 15 janvier 2016. Certaines sources proches du pouvoir indiquaient que ce report était nécessaire pour permettre au régime de filtrer de la liste des candidats non inféodés au parti FPR au pouvoir.

Le mode de scrutin choisi, à savoir celui de faire la file derrière le candidat choisi, enlève d’emblée toute confidentialité au vote dans un pays où les forces de sécurité sont omniprésentes pour intimider les insoumis qui se hasarderaient à ne pas soutenir les candidats du FPR. Cette pratique est tout à fait contraire à la déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule dans son article 21 : « La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote ».

Et même là où la population a eu le courage d’élire les candidats de leur choix, des élus, considérés comme non inféodés au FPR,  se sont vu obligés de démissionner sur le champ sous menaces de risque d’inculpation de crimes liés au génocide. Ce fut le cas notamment à Bumbogo et à Gatsyata où des élus ont été forcés par les forces de sécurité de signer une lettre de leur démission.

Dans certaines régions, la population n’a pas caché son agacement devant les irrégularités constatées. Ainsi des tensions consécutives aux irrégularités ont été constatées aussi dans les régions suivantes :

A Kigali ville, Rwezamenyo – Nyarugenge, Gatsata – Gasabo et Bumbogo-Gasabo. A Gasabo les forces de sécurités (policières et militaires), en compagnie des autorités locales sortantes (exécutifs), ont organisé une réunion au cours de laquelle elles ont forcé 10 élus à démissionner. Six desdits élus l’ont déjà fait, de peur de représailles.  Ce fut le cas d’un certain Aminadab Serugendo, élu au Bumbogo, qui a été forcé de démissionner sous prétexte qu’il serait membre du parti des Verts (Green Party), pourtant reconnu par le gouvernement.

 

En province du Nord

A Gakenke, 14 élus ont été sommés de démissionner.  A Jende, les autorités ont dû faire appel à la police pour intimider la population, afin de reprendre le vote. Les forces de sécurité ont suspendu les élections, le temps qu’un candidat proche du pouvoir soit trouvé pour être intronisé. Lassés par ces manœuvres à répétions, certains électeurs ont décidé de boycotter les élections et de rentrer à la maison sans voter.

 

En province du Sud

Des heurts ont eu lieu à Ruhango, Musebeya, Karehe et Bunyogombe.  Les tensions les plus vives ont eu lieu à Karehe où il y a eu des bagarres. Une partie de la population a refusé les résultats du vote, surtout que 6 élus sur 6 provenaient d’une même famille, acquise au parti FPR au pouvoir.

 

En province de l’ouest

Tous les élus de Nyamasheke, Shangi, et Nyamihondo, Rusizi et Kamembe ont été forcés par le régime à démissionner. La population a fustigé le coup de force du pouvoir qui impose les candidats, tout en forçant la population à aller voter.

La commission électorale a reconnu implicitement qu’il y a eu des irrégularités, sans toutefois prendre ou proposer des mesures contre les contrevenants. En effet, le 19 février, le président de ladite commission a reconnu devant la presse que certaines autorités s’étaient ingérées dans le processus électoral. Cependant rien n’a été fait pour réinstaller les candidats qui ont été forcés de démissionner par les agents du parti au pouvoir. 

Toutes ces irrégularités prouvent à suffisance que le régime n’est pas du tout pressé à laisser la population élire ses vrais représentants. Nous partageons entièrement les soucis des auteurs de la déclaration universelle des droits de l’homme auquel le Rwanda a suscrit, dans son préambule, notamment qu’Il « est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression ». Il est fort à craindre, au vu de la réaction de la population dans certaines régions aux irrégularités des élections, que l’accumulation de frustrations au sein de la population ne conduisent à une révolte générale avec conséquences imprévisibles sur la stabilité du pays et de la sous-région.

Le parti FDU-INKINGI demande instamment aux bailleurs de fonds du régime, qui appuient le régime du président Paul Kagame, d’assumer leurs responsabilités et aider peuple rwandais à éviter une autre tragédie humaine en conditionnant leur assistance au respect des droits de l’homme et des principes démocratiques d’accès et de maintien du pouvoir. 

 

Fait à Londres, le 18 mars 2016

 

FDU INKINGI

Justin Bahunga

Commissaire aux Relations Extérieures et Porte-parole

jbahunga@yahoo.co.uk

 

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