Rwanda : À la mémoire du peuple rwandais et à toutes celles et ceux qui aspirent à la démocratie, à la justice et à la liberté.

Aujourd’hui, 28 janvier, nous commémorons une date hautement symbolique dans l’histoire politique du Rwanda : le 28 janvier 1961, jour où la république fut proclamée à Gitarama, marquant l’abolition officielle de la monarchie et l’avènement d’une nouvelle forme de gouvernance politique pour notre pays. Cette proclamation est née d’une volonté populaire de transformation, portant l’espoir d’un Rwanda plus juste et démocratique.

Depuis cette proclamation, le Rwanda a connu des trajectoires contrastées.

Dans les années qui suivirent, cet élan de changement fut malheureusement entaché par des décennies de division ethnique, d’exil de l’ancienne aristocratie, de guerres civiles et de violence meurtrière culminant avec le génocide de 1994, au cours duquel des centaines de milliers de Rwandais, principalement des Tutsi mais aussi des Hutuss, ont été exterminés en moins de cent jours.

Ce génocide, fruit de mobilisations politiques, des guerres civiles violentes toutes basées sur les identitées ethniques constitue l’un des épisodes les plus sombres de notre histoire, dont les répercussions continuent de marquer nos sociétés jusqu’à ce jour. Cela sans oublier les massacres d’exterminations en RDC depuis 1996 à ce jour, qui visent les réfugiés hutu rwandais et certaines communautés congolaises, pricipalement  les hutu.

Après 1994, la Rwanda Patriotic Front (RPF) a pris le pouvoir, instaurant un régime qui s’est présenté comme une force de reconstruction nationale. La Constitution de 2003 a interdit l’identification ethnique dans les textes et proclamé une unité nationale, tout en consolidant un système politique dominé par un seul parti.

Cependant, plus de trois décennies après ces événements, cette « unité » s’érige en uniformité imposée, où les espaces pour une opposition politique véritable, une liberté d’expression sans peur de représailles, et des élections libres et équitables restent impossible. Notre pays n’a pas encore  réalisé l’idéal démocratique qui fut au cœur des aspirations du 28 janvier 1961.

En ce 28 janvier, les Forces Démocratiques Unifiées (FDU-Inkingi) réaffirment avec conviction :

  • Notre engagement en faveur d’une démocratie pluraliste, où la différence d’opinion est non seulement tolérée mais valorisée comme fondement d’un État de droit.
  • La nécessité d’un système politique qui respecte la séparation des pouvoirs, garantisse la liberté d’expression, et assure des élections réellement compétitives.
  • La justice pour toutes les victimes de tous les crimes politiques et ethniques, sans instrumentalisation, avec des mécanismes de mémoire qui rassemblent plutôt qu’ils ne divisent.
  • La réconciliation comme processus authentique et inclusif, où chaque citoyen rwandais se sent chez lui, à l’abri de la peur et de la discrimination.

Ce combat n’est pas seulement politique : il est moral et historique. Nous honorons la mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leur vie pour un Rwanda meilleur, tout en poursuivant sans relâche l’œuvre inachevée de liberté, de justice et d’égalité.

En ce jour de commémoration, nous appelons les Rwandaises et les Rwandais de l’intérieur comme de la diaspora à se rassembler autour des valeurs de démocratie, de dignité humaine et de justice.

Continuons le travail commencé il y a plus de six décennies, afin que le Rwanda devienne enfin ce pays de paix véritable, où chaque voix compte, où chacun est protégé par la loi, et où l’avenir se construit ensemble, dans le respect des droits humains et des libertés fondamentales.

Pour la liberté, la démocratie et la justice,

Nous ne céderons jamais!

 

Placide Kayumba

Président des FDU-Inkingi

 

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