RWANDA : LES PAUVRES FONT TOUJOURS LES FRAIS DE MAUVAISES POLITIQUES GOUVERNEMENTALES

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 013/2016

 

Dans son budget 2016 – 2017, le gouvernement rwandais a décidé d’appliquer des mesures protectionnistes sur l’industrie du textile en haussant de façon drastique les taxes sur les vêtements et les chaussures de seconde main importés. La taxe sur ces vêtements a haussé de 1150%, passant de 0.2 USD à 2.5 USD par kilogramme, tandis que celle sur ces chaussures a augmenté de 900%, passant de 0.5 USD à 5 USD. Par ailleurs, selon les autorités rwandaises, ces mesures ne constituent qu’une étape vers l’interdiction totale, d’ici trois ans, de l’importation de ces biens pourtant considérés comme de première nécessité jusqu’ici accessibles à la classe moyenne de la population rwandaise.

La Plateforme P5 des partis et organisations politiques Amahoro PC, FDU – Inkingi, PDP – Imanzi, PS – Imberakuri et Congrès National Rwandais (RNC)  dénonce fortement ces mesures parce que, non seulement elles sont néfastes pour le bien-être de la population rwandaise moins nantie, mais aussi elles sont adoptées dans l’un des pires contextes économiques du pays.

PRESS RELEASE N° 013/2016

 

In its budget 2016- 2017, the Rwandan government decided to implement protectionist measures on the textile industry by raising drastically taxes on clothing and footwear imported as second hand. The tax on clothing has increased 1150% i.e. from USD 0.2 to USD 2.5 per kg, while tax on shoes has increased by 900%, i.e. from USD 0.5 to 5 USD. Moreover, according to the Rwandan authorities, these measures constitute a step towards a total ban, within three years, the importation of these goods; yet they are considered essential, so far most accessible to middle class Rwandans.

The Platform P5 of political parties and organizations Amahoro PC, FDU – Inkingi, PDP – Imanzi, PS – Imberakuri and Rwanda National Congress  (RNC) strongly condemns these measures because they are not only harmful to the welfare of poor Rwandans, but also have been taken at one of the worst economic situations in the country.

En effet, contrairement à ce que laisse croire la page de présentation du budget du gouvernement rwandais 2016 – 2017 sous le titre de « Rwanda 2016 : Promouvoir la croissance en haussant les exportations et en encourageant la production locale des biens et services », les mesures protectionnistes de l’industrie du textile et des chaussures ne vont aboutir, ni à la hausse de la croissance économique, ni à la promotion des exportations. Au contraire, il va en résulter une baisse du bien-être de la population rwandaise majoritairement classée en dessous du seuil de pauvreté et pour plusieurs raisons :

  • D’abord, la hausse drastique du prix de ces produits va en réduire considérablement l’accès à une très grande partie de la population rwandaise, tout en grevant le budget des ménages, déjà très faible, qui était affecté à la satisfaction d’autres  besoins élémentaires.
  • Ensuite, le fait que le secteur du textile ait besoin d’être protégé par de si hauts taux de taxation témoigne de sa très faible compétitivité. Le quasi – monopole que le gouvernement lui  confère sur l’étroit marché rwandais ne pourra certainement pas générer suffisamment d’économies d’échelles pouvant lui permettre de baisser ses coûts et de percer les marchés étrangers.
  • Enfin, rien ne garantit que les revenus perdus par les vendeurs de vêtements et de chaussures de seconde main seront compensés par ceux  des éventuels nouveaux emplois dans les secteurs du textile et des chaussures.

La période durant laquelle ces mesures sont mises en place est également problématique. Comme ne cessent de le rapporter les médias, une grande famine dénommée «Nzaramba», pour dire qui durera longtemps, sévit actuellement au Rwanda et plus particulièrement dans la partie Est, autrefois grenier du pays. Plus de 100 000 familles sont affectées et plusieurs d’entre elles  ont commencé à émigrer vers  les pays voisins, notamment l’Ouganda.  De plus, le taux d’inflation atteint un niveau record de plus de 6%, plombé surtout par la hausse des prix des aliments et des boissons non alcoolisées de plus de 9%. Les légumes, qui constituent à eux seuls 10% du panier de consommation du ménage moyen rwandais, ont vu leurs prix hausser de plus de 20% par rapport à ceux de juin 2015.

Cependant, les présentes politiques économiques du gouvernement rwandais qui nuisent manifestement au bien-être de la grande partie de la population rwandaise ne nous surprennent pas du tout. Elles sont en parfaite harmonie avec beaucoup d’autres mesures du régime du président Paul Kagame qui témoignent de son insensibilité aux problèmes de la tranche la moins nantie de la population rwandaise. L’imposition de la monoculture dans les différentes régions du pays sans consultation préalable des agriculteurs et en détruisant au passage des plantations de personnes récalcitrantes constitue l’une des meilleures illustrations de l’aversion des autorités actuelles rwandaises à l’égard des pauvres. Ces politiques sont aussi inhérentes à la nature non démocratique de ce régime qui, n’étant pas issu de la volonté du peuple, considère qu’il ne doit rien à ce dernier. Dans un tel contexte, les tranches de la population les plus pauvres sont, au mieux laissées pour compte, au pire exploitées et persécutées.

La persécution des pauvres par le régime de Paul Kagame est parfaitement illustrée par la détention illégale ainsi que les traitements inhumains et dégradants qu’ils subissent à travers tout le pays. Comme l’a mentionné l’organisme de défense des droits de la personne Human Rights Watch dans son communiqué du 21 juillet 2016, beaucoup de pauvres dont des sans – abris, des vendeurs à la sauvette, des enfants de rues et d’autres personnes démunies sont ramassés et amenés dans des centres  dits « de transit » où ils sont illégalement détenus dans des conditions inhumaines en plus d’être battus. Suite à ces mauvais traitements, certaines personnes meurent pendant leur détention ou peu de temps après leur libération. Tout ceci dans l’objectif principal de montrer Kigali, la vitrine, comme étant la Capitale d’Afrique la mieux gérée et la plus propre, même si ses bidonvilles continuent à cacher des égouts à ciel ouvert, et le Rwanda comme le Singapour d’Afrique.

La Plateforme P5 dénonce  avec la dernière énergie toutes les politiques et pratiques du gouvernement rwandais qui nuisent au bien-être de la population rwandaise. Elle réitère aussi son appel au peuple rwandais de se lever et de lutter pour tous ses droits.

Enfin, la Plateforme P5 invite  la communauté internationale ainsi que toutes les personnes éprises de paix et de liberté d’accompagner et de soutenir le peuple rwandais dans sa quête d’un avenir meilleur.

 

Jerome Nayigiziki

          Sé

Chair Platform

Washington DC

26 Juillet 2016

Nayigiziki88@gmail.com

+1 (956) 337 – 7665

 

PDF: RWANDA LES PAUVRES FONT TOUJOURS LES FRAIS DE MAUVAISES POLITIQUES GOUVERNEMENTALES – P5

Indeed, contrary to what is said while introducing the Rwandan government budget 2016 – 2017 under the title “Fostering growth while increasing exports and boosting Rwandan made goods and services”, the measures adopted to protect the textile and shoe industries will not succeed in increasing economic growth, or in promoting exports. On the contrary, it will result in reduced welfare of Rwandans mainly those living below the poverty line for several reasons:

  • First, the drastic increase in the price of these products will significantly reduce their access to a very large part of the Rwandan population, and will weigh heavily on the household budget, already very small, which was allocated to other basic needs.
  • Secondly, the fact that the textile industry needs to be protected by such high tax reflects its low competitiveness. The quasi – monopolist position that the government gives to this industry on the narrow Rwandan market will certainly not generate sufficient economies of scale enabling it to lower its costs and expand into foreign markets.
  • Finally, there is no guarantee that the revenue lost by those who were selling clothing and second-hand shoes will be compensated with those of the possible new jobs in the textile and footwear industries..

The period during which the measures are taken is also problematic. As the media reportsconstantly there is a serious famine which has come to be called “Nzaramba i.e. long lasting”, now raging in Rwanda and particularly in the eastern part of the country, the bread basket of the country. More than 100 000 families are affected and many of them have begun to migrate to neighbouring countries, in particular Uganda.

Moreover, the inflation rate has reached a record level of more than 6%, due mainly to rising prices of food and non-alcoholic beverages by more than 9%. Vegetables, which alone constitute 10% of the food items for an average household in Rwanda, have seen their prices increase by over 20% compared to June 2015.

However, the present economic policies of the Rwandan government that clearly hurt a large part of the Rwandan population doesn’t surprise us at all. They are in perfect harmony with many other measures of the Kagame regime that demonstrate his regime’s insensitivity to the problems of the poor in Rwanda. The imposition of the policy of monocropping in different parts of the country without preliminary consultation of the farmers and by destroying the crops of those who resist the orders demonstrates how far the Rwandan authorities don’t care about the plight of the poor. These policies are inherent in undemocratic system of government, because they are not democratically elected and therefore do not feel accountable to the citizens. In this context, the poorest in the country are at best ignored and at worst exploited and persecuted.

The persecution of the poor by the regime of Paul Kagame is perfectly illustrated by the illegal detention and the inhuman and degrading treatment that they are subjected to throughout the country. As mentioned by Human Rights Watch human in its press release of 21 July 2016, the homeless, hawkers, street children and others poor are collected and taken to “transit centres” where they are illegally detained in inhumane conditions in addition to being beaten. Following these abuses, some people die in custody or die shortly after release. All this in the sole objective of window dressing Kigali, to be seen as Africa’s most orderly and cleanest capital and the Singapore of Africa, although its slums continue to hide open sewers.

The Platform P5 denounces in the strongest terms all Rwandan government policies and practices that negatively affect the welfare of the Rwandan population. It also reiterates its call to the Rwandan people to stand up and fight for their rights.

Finally, the Platform P5 invites the international community and all peace-loving people as well as those who champion human freedom to support the Rwandan people in their quest for a better future.

 

Jerome Nayigiziki

snd

 

Chair Platform

Washington DC

July 26, 2016

nayigiziki88@gmail.com

+1 (956) 337 – 7665

 

PDF: RWANDA THE POOR ALWAYS BEAR THE BRUNT OF BAD GOVERNMENT POLICIES – P5

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